Il aurait pu prendre le train ou rejoindre Paris en voiture comme n’importe quel député. Pierre Meurin a choisi une autre option. Ce samedi matin, le député du Gard prendra le volant d'une Citroën C15 pour rejoindre Paris en trois jours. Un périple pensé comme une « permanence mobile » à travers la France rurale et les petites routes, avec l’objectif d’échanger avec ceux qui vivent et travaillent autour de l’automobile.
« Je tourne autour de ce projet de C15 du député depuis plusieurs années », explique Pierre Meurin, qui assure avoir eu l’idée dès le début de son mandat. Pour l’élu, le choix de cette camionnette n’a rien d’anodin. Le C15 représente selon lui « une success story industrielle française », mais aussi un véhicule emblématique des campagnes, longtemps utilisé par les artisans, les agriculteurs ou encore les services publics, et rebaptisé « La C15 du seigneur ».
« Aller à la rencontre de la France des oubliés »
Le député veut profiter de ce trajet pour multiplier les rencontres. Garagistes, pompistes, transporteurs routiers, auto-écoles, associations d’automobilistes ou simples usagers de la route doivent être interrogés tout au long du parcours. Une manière pour lui de recueillir les témoignages de ceux qui subissent, selon ses mots, les conséquences des différentes politiques menées autour de l’automobile.
« Aller à la rencontre de tous ces acteurs de l’automobile », résume-t-il, avec l'idée de traverser « la France des clochers » et « la France des routes départementales ». Le parcours doit notamment passer par la Lozère, la Haute-Loire, le Rhône, et les villes de Mâcon, Bourges ou encore Montargis avant une arrivée à Paris lundi. Le député entend privilégier les petites routes et éviter au maximum l'autoroute, même si une séquence doit être consacrée au prix des péages autoroutiers et aux concessions autoroutières.
Le départ sera également l’occasion de rencontrer plusieurs professionnels du secteur. Pierre Meurin prévoit notamment des échanges avec des transporteurs routiers et des représentants du secteur des auto-écoles dès samedi matin sur Alès et Bessèges. D’autres rencontres doivent être organisées spontanément sur la route, notamment dans des commerces, des stations-service ou lors de rassemblements automobiles.
Le C15 comme symbole contre les ZFE
Derrière cette opération, le député veut également mettre en avant plusieurs de ses combats politiques. Il cite notamment les zones à faibles émissions (ZFE), dont il demande depuis plusieurs années la suppression. Le C15 devient ainsi un symbole de son opposition à ces dispositifs, puisqu’un véhicule de cet âge n'est pas considéré comme un ZFE dans les zones les plus restrictives. Il retentera d'ailleurs d'obtenir la suppression des ZFE en séance publique à l'Assemblée nationale dès ce jeudi 8 octobre.
Pierre Meurin souhaite également défendre l’idée d’une automobile plus durable, en mettant en avant la possibilité de conserver et d’entretenir des véhicules anciens plutôt que de les remplacer systématiquement. « Le parc automobile, même ancien, était une partie de la solution et pas uniquement un problème », estime-t-il.
Le député compte également aborder durant son périple la fiscalité sur les carburants, les prix des autoroutes, la sécurité routière, les normes environnementales ou encore l’avenir de l’industrie automobile française face à la concurrence chinoise.
Un C15 acheté dans le Gard
Le véhicule, acheté au mois d’août à Monteils, à proximité d’Alès, affiche environ 160 000 kilomètres. Pierre Meurin raconte avoir acquis le véhicule auprès d’un propriétaire qui l’entretenait soigneusement et qui s’en séparait avec regret.
Le député a également choisi de ne pas inscrire son nom sur la carrosserie, mais simplement « C15 du député ». Une appellation volontairement générique qui renvoie, selon lui, aux 577 membres de l’Assemblée nationale.
« C'est une voiture qui crée beaucoup de sourires », assure l'élu, qui entend en faire une sorte de permanence itinérante. Il espère ainsi provoquer des échanges au fil de son parcours, tout en laissant une place à l’imprévu.
Après trois jours de route, Pierre Meurin doit arriver à Paris lundi. Une rencontre avec le président de 40 millions d’automobilistes est notamment prévue avant une photographie devant l’Assemblée nationale. Le député prévoit ensuite de présenter le résultat de ce périple dans une vidéo d’environ 30 à 40 minutes, avec une diffusion envisagée dans les jours suivants sur ses réseaux sociaux.