500 manifestants à Arles ce matin
Ce matin, près de 500 personnes ont participé à la grève du 29 septembre. "Ce qui est satisfaisant", indique Nicolas Bourcy, secrétaire général de l'Union locale CGT Arles. Dans le rassemblement, des agents de l'hôpital, des territoriaux, des agents des musées d'Arles, de France Travail, des membres de l'Éducation nationale. "Tous les corps de la fonction publique ont répondu à l'appel, car la colère est grande. Nos collègues de la FSU ont pris la parole devant la bourse du travail pour défendre ce lieu emblématique du droit et des luttes syndicales que la municipalité veut nous retirer. Dernière attaque en date : on vient de nous enlever l'agent d'accueil et d'entretien..."
En ligne de mire des manifestants, les premières annonces budgétaires pour 2027 qui font planer la menace de nouvelles contraintes sur les services publics ainsi que sur les rémunérations et sur les conditions de travail de leurs agents. "54 milliards d'économie annoncés par Lecornu, qui dit mieux ?" "On veut nous imposer des budgets en baisse partout sauf pour l'armement. Nous, on réclame que l'argent public aille aux services publics et à la fonction publique, et non pour faire la guerre."
Les salariés en grève ont été rejoints devant la bourse du travail par des lycéens en colère, après les altercations avec les forces de l'ordre dans la matinée devant le lycée Pasquet. Environ 200 élèves ont voulu bloquer l'établissement à son ouverture. Mais selon un jeune témoin, un individu qui n'était pas de l'établissement a lancé un tir de mortier en direction des forces de l'ordre. Des jets de bouteilles en verre ont également eu lieu. En réplique, la police a fait usage de lacrymogènes à plusieurs reprises. Une réplique "disproportionnée" selon une maman qui a assisté aux altercations. "On voulait dénoncer le système Parcoursup, les classes surchargées, le manque d'enseignants, la mauvaise gestion des emplois du temps, des classes où il fait 35 degrés, mais nous n'en avons pas eu le temps. La proviseure n'était pas là pour nous entendre...", se désole Anthony qui a rejoint la manif.
Des fonctionnaires et des jeunes aussi à Alès
La mobilisation intersyndicale a débuté ce lundi matin à 10h30 devant la sous-préfecture d’Alès, où environ 500 personnes se sont rassemblées. Plusieurs prises de parole se sont succédé, avec notamment des lycéens venus faire entendre leurs revendications concernant leurs conditions d’études et les moyens accordés aux établissements. Au micro, les élèves du lycée Bellevue ont réclamé « plus de liberté » et souhaité que leur parole soit davantage entendue. Ceux du lycée Jean-Baptiste-Dumas ont, eux, dénoncé le manque de moyens, les classes surchargées ou encore l’état de certains bâtiments. « Dans une salle, on est 35 élèves, ça ne peut pas se passer comme ça, l’hiver on a des salles mal chauffées et l’été on meurt de chaud », a lancé un lycéen. Des interventions qui s’inscrivaient dans le mouvement de mobilisation qui touche actuellement plusieurs lycées en France, mais aussi plusieurs établissements alésiens.
Après les lycéens, les représentants de la FO, de la CGT, de la FSU et d’autres organisations syndicales ont pris la parole pour défendre les salaires, les conditions de travail et les services publics. « Nous ne sommes pas le problème, nous sommes la solution », a notamment lancé Myriam Vermale, représentante de la FSU dans le Gard sur le secteur d’Alès, en défendant les agents des services publics. Romain Sabran, secrétaire général de la CGT du Centre hospitalier Alès-Cévennes, a de son côté insisté sur les difficultés rencontrées dans le secteur de la santé : « Le problème n’est pas de savoir s’il n’y aurait pas d’argent. De l’argent, nous savons qu’il y en a, il faut aller le chercher au bon endroit. » Après les différents discours, les manifestants ont entamé une déambulation sur le boulevard Louis-Blanc, avant de mettre fin à la mobilisation aux alentours de midi.
Entre 1 000 et 2 000 manifestants à Nîmes
À 14h30, la manifestation a pris une autre dimension avec la convergence des manifestants gardois à Nîmes. Entre 1 000 et 2 000 manifestants ont été comptabilisés. Aux fonctionnaires se sont également mêlés les jeunes. D’ailleurs, la secrétaire générale de l’Union départementale de la CGT, Marie Dufresne, a préféré les placer « en sécurité » au milieu du cortège. Aux slogans demandant davantage de pouvoirs publics et une revalorisation des agents, les jeunes, eux aussi, ont brandi leur pancarte, réclamant des moyens pour l’Éducation nationale. Ils ont aussi entonné « La jeunesse emmerde le Front national ! », célèbre slogan de Bérurier noir, ou encore « Siamo tutti antifascisti ».
Dans le cortège, Ève, fonctionnaire depuis 1992 dans le service de la justice, aimerait obtenir une hausse de salaire à quelques années de la retraite : « Notre point d’indice est très bas… Avec l’inflation et la hausse des carburants, nous avons subi une baisse de notre pouvoir d’achat. » Au micro, avant le départ du cortège, un responsable de l’Unsa fait part d’une position commune aux syndicats : « l’indexation du point d’indice, permettant la revalorisation des salaires, sur l’inflation. » Autre revendication : « la refonte de la grille indiciaire, permettant dans chaque catégorie une véritable progression de carrière, avec la sortie des débuts de carrière au niveau du Smic », mais aussi « la revalorisation des filières à prédominance féminine ». Cette première manifestation du 29 septembre en appellera certainement d’autres, mais cette fois, avec un mot d’ordre plus large, allant au-delà de la défense des services publics.