Faire vivre et bouger les monuments d’Arles, leur rendre hommage, en y organisant durant trois jours des spectacles vivants, tel est l’objectif de Momument Arles. Les services du patrimoine de la culture ont fait appel à une centaine d’artistes qui se produisent aux Alyscamps, au palais de l'Archevêché, à l'espace Van Gogh, à l'amphithéâtre, aux thermes de Constantin, aux Cryptoportiques, dans l’hôtel de ville, à l’église Sainte-Blaise et au théâtre antique. Au total, plus d’une cinquantaine de rendez-vous sont prévus sur trois jours. À Arles, les monuments, pour certains millénaires dont six sont inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco, restent des lieux bien vivants de rencontres et de partages.
La priorité a été donnée aux artistes locaux s’exprimant dans toutes formes d’art : théâtre, danse, musique, art graphique, photo et cinéma, poésie, mais aussi marionnettes et spectacle jeune public, ou déambulation poétique.
Des danseurs inspirés par les pierres
Les Arlésiens ont été nombreux à répondre à l’invitation en ce premier jour des vacances scolaires. Cathy est venue spécialement redécouvrir les Thermes de Constantin, bâtiment du IIIᵉ siècle, en profitant du spectacle de danse donné par la Arles Youth Ballet Company installée à Fourques depuis six ans. La chorégraphie, créée pour l’occasion par Norton Fantinel (créateur de la compagnie avec Karina Moreira, sa compagne) sur une musique de Philip Glass, donne à voir un ballet d’une quinzaine de minutes où six couples évoluent dans un espace néoclassique. Des danseurs inspirés par une forme céleste. Pour Marie Barbe, secrétaire et trésorière de l’association, le fait d’avoir été invitée par "Monument Arles est une chance et une certaine forme de reconnaissance de la part de la mairie d’Arles".
Arles Youth Ballet compagnie compte 41 danseurs cette année de 16 nationalités différentes. Tous se destinent à une carrière professionnelle après trois ans de perfectionnement. Ils se produisent encore aujourd’hui à 17 h au Théâtre antique, en proposant deux pièces courtes : Falling hearts et Inside of you (durée 25 minutes).
Dans la cour de l'Archevêché, il ne restait pas beaucoup de place de libre non plus. La compagnie de l’Arène proposait « La Hora Francesca », un concert lyrique en forme d’invitation au voyage, au travers des répertoires hispaniques dont l’identité s’insère petit à petit dans l’univers poétique des compositeurs français des XIXᵉ et XXᵉ siècles. Piano et voix ont enchanté les mélomanes pendant plus d’une heure, les artistes ne se laissant pas perturber par le vent qui s’est mis à souffler.
La chambre des Monuments
À deux pas de là, en rentrant dans la salle des pas perdus de l’hôtel de ville, une toile bleue de deux mètres sur trois suscite l’interrogation. Sarah Gautier, dessinatrice autodidacte, spécialiste de ce qu’elle nomme « un portrait d’espace », propose son regard sur les huit monuments d’Arles avec sa technique habituelle : un stylo noir, une feuille et une observation fine des lieux. Dans la chambre de Van Gogh qu’elle réinvente, toute peinte en bleu, elle installe les monuments d’Arles. Une exposition de peintures de Sébastien Abot, au Palais de l’Archevêché, est visible jusqu’au 15 novembre, de même que l’installation plastique in situ de Kiki Tonnerre à l’église Saint-Blaise.
Monument Arles se poursuit encore toute la journée. Les spectacles sont compris dans le tarif d’entrée des monuments et sont gratuits pour les moins de 18 ans et pour les Arlésiens sur présentation d’un justificatif de domicile.
Le spectacle de clôture, ce soir à 19h30 à l’Amphithéâtre, est gratuit pour tous. Il sera donné par la compagnie Cercle de feu. Au rythme des percussions, les artistes plongeront le public dans un monde intemporel et féerique. Au programme : pluie d’artifices, gerbes de feu, jonglerie et chorégraphies soignées.
Tous le programme ici.