Publié il y a 6 h - Mise à jour le 12.10.2026 - Olivier Lemierre - 3 min  - vu 240 fois

FAIT DU JOUR À Arles, un sol pollué mais constructible ?

Alex Essamdri, de l'association des riverains de la rue Mireille, attend des réponses concrètes des services de l'Etat.

- Olivier Lemierre

Lors du conseil municipal du 24 septembre, Patrick de Carolis a annoncé la tenue d'une réunion, demain, mardi 13 octobre, en sous-préfecture ayant pour objet l'ancienne usine à gaz rue Mireille et la dépollution du site qui doit accueillir 129 nouveaux logements. Une question fondamentale selon l'association des riverains, qui attend des réponses concrètes.

La friche industrielle à deux pas du centre-ville, entre la rue Mireille et la rue Roubine du Roy, est toujours à l'abandon. Sur ce terrain vague de 7 300 m², doivent être construits 129 logements, 224 places de parking, six locaux d’activités, des espaces verts, une placette. Le projet prévoit aussi la transformation de la rue Mireille avec la création d’une piste cyclable. À cet emplacement, une usine à gaz avait été exploitée de 1846 à 1935. Des activités de distribution et de stockage s'y sont tenues jusqu’à la démolition des bâtiments en 2014.

Le permis de construire attaqué

Un permis de construire a été accordé par la mairie en septembre 2024 aux acquéreurs : Vinci Immobilier associée à la société Brownsfield. Ce projet immobilier se réalise dans le cadre d’un programme national de vente de ses friches industrielles, une cinquantaine au total, par la société ENGIE. La vente à Arles a été réalisée en 2019 au profit de Vinci Immobilier en association avec la société Brownsfields donc, et comme sous-traitant technique Speed Rehab, opératrice du projet et des travaux de dépollution. Ce permis de construire a été attaqué devant le tribunal administratif par l'association des Riverains de la rue Mireille, créée en janvier 2025. Elle réclame depuis bientôt deux ans des garanties et de la transparence sur la dépollution du site. L'affaire n'a pas été jugée.

Selon l'association, les documents joints au permis de construire démontrent que la pollution du sol et du sous-sol existe toujours. "Des pollutions résiduelles importantes subsistent, notamment des traceurs que sont les hydrocarbures aromatiques polycycliques totaux, naphtalènes, benzène-toluène-éthylbenzène-xylène totaux, hydrocarbures totaux, et cyanures totaux ainsi que des gaz volatils… Nous nous demandons comment il est possible d'avoir accordé un permis de construire sur un terrain aussi pollué. Le maire affirme que la dépollution du terrain n'est pas de son ressort. Ce n'est pas faux", reconnaît Alex Essamri, membre actif de l'association. "Il a refusé notre recours gracieux. Mais la question de la santé publique des habitants du quartier est aussi de sa responsabilité."

Quelle est l'ampleur de la pollution ?

Alex Essamri participera le 13 octobre à la réunion organisée, à la demande du maire, en sous-préfecture avec la sous-préfète, la DREAL, l'Agence régionale de santé, la société Speed Rehab en charge de la dépollution, et les représentants des riverains. "Nous attendons des réponses et des éléments clairs car à ce jour nous ne connaissons pas l'ampleur réelle de la pollution du sol, en profondeur. On sait en revanche que les services préfectoraux ont donné l'autorisation aux tiers demandeurs de dépolluer. Quand on se penche sur les documents, les analyses, on s'aperçoit qu'ils se basent sur des éléments fournis par un bureau d'études en 1994. La construction d'un immeuble de logements devait être réalisée, mais le permis de construire a alors été refusé. Depuis deux cuves à hydrocarbures ont été enlevées, les bâtiments ont été rasés en 2014, c'est tout."

La pollution des sols est reconnue, mais elle serait difficile et trop coûteuse à résorber sur toute la surface et en profondeur. "Nous refusons ces arguments alors même que la préfecture émet une réserve d'usage sur l'ensemble du site. Ceux qui vont habiter ici ne pourront utiliser l'eau souterraine pour arroser leur jardin, par exemple. Nous ne refusons pas la construction de logements, mais on croit que la pollution est plus importante, et que la dépollution du site doit être réalisée conformément à la loi, afin de garantir la santé des habitants", conclut la présidente de l'association, Monique Cestier.

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