Publié il y a 1 h - Mise à jour le 20.10.2026 - Julia Razil - 3 min  - vu 200 fois

FAIT DU JOUR À Arles, la galerie marchande de Fourchon se meurt en silence

©J.Rz.

La Pataterie, Adopt', et ce mois-ci la bijouterie-horlogerie : les fermetures s'enchaînent dans la galerie commerciale de Fourchon. Plus de la moitié des locaux sont vacants, mais les loyers, eux, n'ont pas bougé. Les commerçants dénoncent le silence assourdissant, du bailleur Mercialys comme d'ACCM, propriétaire des murs.

Le 24 juillet dernier, Objectif Sud révélait le rejet, par le Conseil d'État, du recours formé par la foncière Mercialys. Une décision qui confirmait la propriété du centre commercial de Fourchon au profit de la communauté d'agglomération ACCM et qui mettait fin, sur le papier, à deux ans de bataille devant les tribunaux.

Si le flou juridique est désormais levé, deux procédures judiciaires sont toujours en cours. Et sur le terrain, rien ne s'accélère. L'activité de la galerie commerciale reste au ralenti. Bien au ralenti, même. Le site continue de se vider de ses commerces et avec eux, de leurs emplois. Les indépendants perdent leur boutique, leur investissement, parfois des années de travail. Et personne, ni du côté du bailleur, ni du côté des élus, ne semble s'en émouvoir.

Avant l'été, le restaurant La Pataterie tirait le rideau. À la rentrée, Adopt' préférait s'installer du côté de Shopping Promenade. Ce mois-ci, c'est l'un des commerces les plus anciens de la galerie qui a définitivement fermé.

"Cette galerie est mourante"

Depuis 11 ans, Gabriel Badescu tenait la bijouterie-horlogerie À l'heure pile. C'est le cœur lourd qu'il a fermé boutique. "Cette galerie est malade, elle est mourante. Il n'y a plus de passage. J'ai essayé de tenir, mais je ne peux pas prolonger un bail sur dix ans alors que nous n'avons aucune information sur l'avenir de la galerie ! Personne ne nous dit rien, ni du côté de Mercialys, ni du côté de l'ACCM", dénonce-t-il.

Lui qui a investi "énormément d'argent" ne peut que constater que sa cellule ne vaut plus rien. "Mon avocate m'a dit clairement : 'n'envisagez même pas de trouver un repreneur'." Son activité a pourtant longtemps été florissante. "J'étais le seul horloger à la ronde, des clients venaient de Saint-Martin-de-Crau, des Saintes-Maries-de-la-mer..."

• ©J.Rz.

Sur les 35 enseignes annoncées à l'entrée du site, une quinzaine seulement restent ouvertes. Plus de la moitié des locaux sont vacants. "Pourtant, on paie les mêmes charges, les mêmes loyers. Même quand Auchan a repris Casino et que la grande surface a fermé plusieurs semaines, il n'y a pas eu le moindre geste commercial", poursuit l'horloger, qui n'exclut pas une stratégie délibérée. "Vu le silence en face de nous, on peut se demander si ce n'est pas fait exprès. Ils font tout pour que les gens partent. Comme ça, le jour où il faudra quitter la galerie, il n'y aura plus personne à dédommager." 

Des commerçants tenus dans le flou, des loyers plein tarif

Parmi ses voisins, certains n'ont pas d'autre choix que de rester. "J'ai resigné un bail de dix ans en 2021... explique cet autre commerçant qui préfère rester anonyme. Ça va être très compliqué, les résultats de cette année seront dans le négatif." Il est pourtant aguerri, il tient d'autres boutiques dans le Gard et dans l'Hérault. Mais "c'est pour ce local, dans la galerie la plus désertée, que je paie le plus cher. Ce n'est plus supportable."

Lui aussi dénonce le silence de Mercialys comme celui de l'ACCM. "Nous n'avons aucune communication, aucune information. On ne sait ni quel est l'avenir de cette galerie, ni le nôtre. Les seules nouvelles récentes, c'est un mail annonçant un audit de nos cellules. Nous payons des loyers exorbitants, mais pour quel service ? La seule animation, c'est une borne Pokémon !", s'agace-t-il. "Des bruits de couloir évoquent un cinéma, ou la réduction de l'hypermarché au profit d'une salle de sport. Mais ce ne sont que des bruits. Rien ne sort de la bouche de ceux qui devraient prendre la parole."

"Cette succession de fermetures, et de suppressions d’emplois, dans une ville où on nous a promis la création d'un millier d'emplois ne déclenche aucun signal d’alarme. Vous trouvez ça normal? lâche une employée de la galerie. Nous n'avons aucun soutien, aucune information sur ce qui est envisagé pour le site. Oui, on se sent abondonnés, et oui on est forcément en colère."

Ni Mercialys, ni les élus ACCM en charge de cette question n’ont répondu aux sollicitations d'Objectif Sud.

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