"Nous nous opposons à la réalisation de ce projet au cœur de notre quartier. Nous demandons à la municipalité d’entendre cette opposition et de prendre pleinement la mesure de la mobilisation de ses habitants". Les demandes des riverains sont très claires, quant à ce nouveau projet immobilier, porté par la société Vinci Immobilier. Il prévoit une construction de deux immeubles R+2 (3 niveaux) de 70 logements et de 114 places de stationnement, "au contact immédiat d’un quartier composé de maisons individuelles", précise le collectif.
"L’ampleur et l’implantation de ce projet n'ont pas leur place en ce lieu, car il entraînera de multiples nuisances : une forte augmentation de la circulation, davantage de bruit, de la pollution, du vis-à-vis et il modifiera profondément la tranquillité et le cadre de vie du quartier", continue-t-il. Anthony Belin, conseiller municipal d'opposition, a évoqué le sujet ce mardi soir lors des questions diverses du conseil municipal de Lunel. "La vraie question c'est où et comment nous identifions Lunel, est-ce que le modèle que vous souhaitez reproduire demain dans nos quartiers résidentiels est celui-ci ?" Pour rappel, la majorité avait prévu de construire près de 900 logements, dont du social, sur le mandat actuel.
Un projet qui correspond au Plan local d'urbanisme
"Il y a une colère qui se lève de la part des riverains. Êtes-vous prêts à les recevoir et à consacrer une réunion publique à ce sujet ?", interroge le leader de "Lunel, c'est vous !". René Hermabessière, adjoint à l'urbanisme, répond à la question, non sans tacler. "Monsieur Belin, je pense que vous faites votre miel de toutes ces petites et grandes polémiques. Le permis de construire respecte les règles du Plan local d'urbanisme actuellement en vigueur, sur la base du droit applicable. La ville ne peut pas refuser un permis conforme parce qu'il fait débat. Cela ne signifie pas pour autant qu'on veut reproduire ce genre de densification dans l'ensemble des quartiers de Lunel".
Paulette Gougeon s'est engagée personnellement pendant sa campagne à préserver les zones pavillonnaires. C'est précisément pour cette raison qu'une révision du Plan local d'urbanisme va être engagée, pour retravailler le développement urbain. En ciblant les secteurs où la densification peut être pertinente, mais aussi pour préserver le caractère pavillonnaire. "J'ai moi-même échangé avec le collectif de riverains sur le projet et sur leurs inquiétudes", continue l'élu de la majorité.
En raison de carences sur les logements sociaux, la ville de Lunel est soumise à la loi SRU et devra bientôt payer 400 000 euros d'amende au lieu de 200 000. Pour rattraper son retard, elle sera obligée de construire. "Vous avez été directeur de cabinet de cette ville, vous connaissez donc les difficultés et les obligations de la commune", lance René Hermabessière, qui signale avoir appelé le promoteur du projet. Il serait prêt à discuter de manière constructive avec les riverains, afin que chaque partie puisse faire des concessions.