Vincent Bouget a fait du dialogue sa marque de fabrique. Depuis son élection, le maire de Nîmes multiplie les rencontres, les échanges et les concertations. Une méthode qu'il applique désormais aux Halles, dont la rénovation empoisonne la vie municipale depuis plusieurs années. Et il aurait tort de s'en priver. À condition de ne pas oublier que le dialogue n'a pas commencé avec son arrivée à l'hôtel de ville. Car les Halles ont déjà connu leur lot de réunions, de promesses et de compromis. L'arrivée des Galeries Lafayette à la Coupole avait notamment cristallisé les tensions, obligeant la précédente municipalité à négocier avec les étaliers concernés par les travaux. Puis Franck Proust, après avoir repris le dossier jusque-là suivi par Julien Plantier, avait, lui aussi, remis les différents acteurs autour de la table. Avec un certain succès. En novembre dernier, les commerçants saluaient même sa capacité d'écoute. Il avait avancé plusieurs pistes, une installation provisoire à Gambetta pendant les travaux et une prolongation des autorisations d'occupation. Cette dernière proposition s'était toutefois heurtée au refus de la préfecture. Durant la campagne municipale, Vincent Bouget avait défendu une autre approche. Moins de dépenses pour l'embellissement, davantage pour la sécurité et les conditions de travail. Avec la volonté d'éviter une fermeture complète des Halles, en envisageant des travaux en plusieurs phases. Il avait également évoqué une plus grande implication des commerçants dans la gestion du marché. Ce lundi, le nouveau maire a confirmé le maintien de la régie publique, annoncé une reprise en main de la gestion des déchets et promis une large concertation. Mais sur les questions les plus sensibles, la communication municipale laisse encore beaucoup de place aux interrogations. Quid du renouvellement des autorisations d'occupation, qui arrivent à échéance fin 2029 ? Du transfert provisoire des étaliers à Gambetta, envisagé sous Franck Proust ? Ou encore du calendrier, du coût et de l'organisation des travaux ? Autant de questions qui avaient déjà alimenté les discussions avec la précédente majorité. Et auxquelles il faudra bien apporter des réponses. Il faut dire que le chantier est complexe. Derrière les murs vieillissants des Halles, ce sont quelque 70 entreprises et 300 emplois qui sont concernés. Avec des commerçants attachés à leur outil de travail et à leurs habitudes. Au fond, le véritable défi de Vincent Bouget n'est donc pas de renouer un dialogue qui n'a jamais totalement disparu. Il est de transformer cette concertation en décisions. Et c'est là que les choses se compliquent. Car aux Halles, comme ailleurs, chacun peut partager le même objectif sans être d'accord sur les moyens d'y parvenir. Le nouveau maire assure que le dialogue est indispensable. Il ne dispense jamais de choisir. Et encore moins d'assumer ses choix. C'est aussi cela, la politique.
Publié il y a 11 h -
Mise à jour le 13.10.2026 - Abdel Samari - 2 min
ÉDITORIAL Aux Halles, Vincent Bouget face à l'épreuve des choix
Vincent Bouget veut ouvrir une nouvelle page avec les étaliers des Halles. Une méthode qui n'est pourtant pas nouvelle. Car dans ce dossier sensible, ses prédécesseurs avaient déjà tenté de trouver des compromis. Reste désormais à faire des choix.
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Abdel Samari