Publié il y a 5 h - Mise à jour le 30.09.2026 - Abdel Samari - 2 min  - vu 768 fois

ÉDITORIAL À l’Impérator, Vincent Bouget aurait pu pousser la porte

Le maire de Nîmes à la rencontre des manifestants devant l'Impérator.

- Photo DR Objectif Sud

En venant à la rencontre des salariés en grève, le maire de Nîmes a fait un geste. Mais être le maire de tous, c’est aussi écouter ceux qui travaillent, investissent et font vivre l’établissement.

Le maire de Nîmes est venu saluer, hier, les grévistes de l’Impérator. Une poignée de salariés, sous les couleurs de la CGT, réclame une revalorisation salariale et de meilleures conditions de travail. Des revendications légitimes, qui font toujours l’objet de discussions avec la direction de l’établissement. La proposition d’une augmentation de 1 % pour l’ensemble des salariés de l’Impérator ne semble pas satisfaire les manifestants. Dans ce contexte social tendu, la visite de Vincent Bouget n’est évidemment pas passée inaperçue. Le premier édile a pris le temps de discuter avec les grévistes, de les écouter, de rire aussi avec eux pour apporter un peu de bonne humeur à ceux qui campent devant le palace depuis plusieurs jours. Mais à l’intérieur de l’établissement, certains auraient sans doute apprécié que le maire fasse quelques pas de plus. Qu’il franchisse tout simplement la porte de l’Impérator. Pour prendre un café, échanger avec la direction et les salariés qui continuent de travailler. Pour entendre une autre réalité de ce conflit. Pas forcément pour donner raison aux uns contre les autres, encore moins pour jouer les médiateurs, mais simplement pour écouter les deux parties. Car dans le contexte économique particulièrement dégradé que nous connaissons, les employeurs ne peuvent pas être systématiquement réduits au rôle d’exploiteurs de la misère salariale. Une entreprise, ce sont des salariés qui travaillent et qui doivent être justement rémunérés. Mais ce sont aussi des entrepreneurs qui investissent, embauchent, assument les difficultés et prennent des risques. Vincent Bouget aurait d’ailleurs pu profiter de cette visite pour rencontrer Philippe Zemour. Depuis quelques jours, le chef de 45 ans est le nouveau patron des cuisines de la Maison Albar à Nîmes. Après plusieurs grandes maisons, une étoile Michelin décrochée en Suisse et une longue aventure à son compte à Vaison-la-Romaine, il vient de prendre les commandes de la brasserie et du restaurant étoilé Duende. Un entrepreneur qui débarque à Nîmes avec de l’ambition et un défi : redonner du souffle à un établissement qui, lui aussi, subit les difficultés du moment. Évidemment, un conflit social qui s’installe n’arrange rien à l’affaire. Vincent Bouget avait promis d’être le maire de tous les Nîmois. Hier, il avait une belle occasion de mettre cette promesse en pratique jusqu’au bout. Car une entreprise ne tourne pas sans ses salariés. Mais elle n’existe pas davantage sans ceux qui investissent, embauchent et la font avancer. Et l’Impérator n’est pas tout à fait une entreprise comme les autres. C’est une institution nîmoise, un palace cinq étoiles qui participe à l’image et à l’attractivité de la ville. Sa fragilisation serait une mauvaise nouvelle pour tout le monde : pour ses propriétaires, pour ses salariés et pour Nîmes. Il faut donc souhaiter que les grévistes et la direction trouvent rapidement un accord. Que les premiers puissent obtenir des avancées et que l’établissement retrouve la sérénité et la dynamique dont il a besoin. Pour cela, l’Impérator a aussi besoin de l’œil bienveillant des collectivités. Être le maire de tous les Nîmois, c’est parfois savoir écouter les deux côtés de la porte.

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