« Aujourd'hui, je suis là avec une couronne et une écharpe pour représenter toute une région. » C’est la tête haute qu’Anaïs Desprez a retrouvé le lycée Sainte-Marie, vendredi 9 octobre. Cinq ans après y avoir obtenu son bac pro commerce, la jeune femme de 23 ans, sacrée Miss Lumière Normandie 2026, est revenue à la rencontre d’une cinquantaine d’élèves. Un échange consacré au harcèlement scolaire, à la résilience et à la confiance en soi, au cœur même du lycée où elle a traversé des années marquées par le harcèlement.
« La veille, je disais encore à mon comité que je voulais annuler tant j'étais angoissée. Mais je voulais être là pour leur prouver que peu importe ce qu'on m'a fait, on peut réussir. Derrière chaque nuage, il y a un soleil qui mérite d'être révélé », confie-t-elle.
Un échange sans filtre
Face aux élèves de seconde et de première bac pro, pas de long discours moralisateur, mais un dialogue à cœur ouvert. Anaïs retrace son parcours semé d’embûches, évoque la carapace qu’elle s’était forgée à l’époque et la colère qui lui servait de protection. « Anaïs me faisait penser à un petit animal sauvage qui sortait les griffes », se rappelle Charlotte Chevalier, son ancienne professeure d’économie-gestion. « Aujourd’hui, je la vois apaisée. Je reconnais beaucoup d’Anaïs dans mes élèves actuels : ils ont ce besoin d’être accompagnés et écoutés. »
Après son bac, la Bagnolaise de cœur a rejoint sa Normandie natale pour prendre un nouvel envol. Vente en boulangerie, charcuterie, responsabilités en magasin, puis engagement dans le monde des Miss… Autant d’expériences qu’elle a partagées avec les élèves.
« Qu’ils ont eu tort »
Dans la salle T9, les lycéens écoutent. Quand l’un d’eux demande ce qu’elle dirait aujourd’hui à ses anciens harceleurs, la réponse fuse : « Qu’ils ont eu tort. C’est facile de faire des effets de groupe, mais aujourd’hui, j’ai une vie géniale, je voyage et je réussis. » Le message passe auprès des adolescents. « D’habitude, on nous montre des affiches avec un discours très structuré. Là, c’était à cœur ouvert », salue une élève. Un camarade renchérit : « J’ai retenu qu’il faut croire en ses rêves. Les limites, c’est nous qui nous les mettons. »
À quelques jours de l’élection nationale Miss Lumière France, prévue le 17 octobre à Montpellier, Anaïs Desprez repart de Bagnols-sur-Cèze après une expérience bien différente de celle vécue durant sa scolarité. Elle emporte la certitude d’avoir transmis l’essentiel à la jeune génération : « La confiance commence par celle que l’on s’accorde à soi-même. »