À l’occasion de la Journée mondiale du refus de la misère créée par l’ONU en 1992, les associations arlésiennes organisent pour la première fois une manifestation dans la ville. Elle aura lieu samedi 17 octobre de 10h à 12h place de la République. ATD quart monde, le Secours catholique, le Secours populaire, Attac !, la Croix-Rouge, Emmaüs, la LDH, l’Unicef, le CCFD-Terre solidaire, la Ressourcerie unissent leurs efforts pour proposer en cette journée de mobilisation mondiale du 17 octobre des témoignages, des informations, et une prise de conscience de la population sur la situation de grande précarité qui concerne un quart des habitants. "En effet, précise François Phliponeau, membre d’ATD quart monde et coordinateur de l’événement, entre 12 000 et 13 000 personnes à Arles vivent sous le seuil de pauvreté qui est de 1 280 € par mois pour un adulte."
Les 18-25 ans et les familles monoparentales sont les plus touchés par la misère
Avec l’augmentation des coûts de l’énergie, la situation se détériore encore pour tous et plus encore pour les 18-25 ans qui n’ont pas le droit au RSA, mais aussi pour les familles monoparentales. "Nous allons apporter des témoignages précis afin de changer le regard sur la misère. Beaucoup de gens ont des idées fausses sur les pauvres, pensent qu’ils refusent le travail, avec, on s’en souvient, des phrases comme 'il n’y a qu’à traverser la rue pour en trouver'. Or, très souvent, on se retrouve dans cette situation après des accidents de la vie : un divorce, un pépin de santé, un licenciement, et même seulement un problème de voiture. Nous attirons l’attention sur le fait que tout est lié : le travail, le logement, la santé".
"La misère n’est pas une fatalité"
"Pour le RSA, l’obligation de travailler 15h par semaine entrée en vigueur cette année cause de réelles difficultés avec un accompagnement par France Travail qui ne suit pas", remarque-t-il. "On stigmatise encore plus les pauvres qui n’accepteraient pas n’importe quel travail. Nous demandons que le RSA soit revalorisé et éligible aux 18/25 ans qui n'ont droit à rien. À la création du RMI en 1988, ce revenu minimum correspondait à 49 % du Smic. Aujourd’hui le RSA représente 39 % du Smic, soit une perte de 10 % du pouvoir d’achat. C’est une baisse considérable et dramatique."
Les associations de défense et de soutien aux plus pauvres veulent donc en cette journée mondiale marquer un triple refus. "Le refus de voir la misère comme une fatalité car c’est le système qui la produit. Le refus de la culpabilité qui pèse sur ceux qui la subissent : les pauvres ne sont pas coupables de leur situation. Enfin, le refus du gâchis fait que la société se prive de l’expérience de ceux qui vivent dans la misère. Certains ont développé par nécessité un certain sens de la débrouille".
En France, aujourd’hui, 11 millions de personnes vivent avec moins de 1 280 € par mois, dont 2,5 millions de très pauvres dont les revenus mensuels sont inférieurs à 800 € ce qui induit des conditions de vie dans des habitats insalubres, dans des passoires thermiques, un accès à l’alimentation insuffisant, bien souvent aussi des problèmes de santé. Personne n'est à l'abri.
Les associations arlésiennes mobilisées samedi parleront ouvertement de ce vaste problème de notre société qui met sur la touche une part de plus en plus importante de sa population. Un petit livre écrit par ATD quart monde, "En finir avec les idées fausses sur la pauvreté", sera en vente au prix de 5 €.