Publié il y a 1 h - Mise à jour le 26.09.2026 - Olivier Lemierre - 3 min  - vu 21 fois

ARLES Hommage aux Harkis à Mas-Thibert : 64 après l'émotion reste intacte

La sous-préfète d'Arles a lu le discours d'hommage aux Harkis devant une centaine de personnes rassemblées à Mas-Thibert.

- O.L.

Une cérémonie d'hommage aux Harkis avait lieu ce vendredi 25 septembre à Mas-Thibert. Dans ce village, au coeur de la campagne arlesienne, 105 familles venant d'Algérie ont été "parquées" dans le camp du Mazet. Elles ont fait souche ici. La mémoire reste vive de cette histoire tragique. Le message de la ministre Alice Rufo déléguée aux anciens combattants a été lu par la sous-préfète d'Arles, Cécile-Marie Lenglet. Il a touché toute l'assistance.

Ce 25 septembre, une cérémonie nationale d'hommage et de recueillement à la mémoire des Harkis et des autres membres des formations supplétives qui ont combattu en Algérie avait lieu partout en France. A Mas-Thibert, plus d'une centaine de personnes étaient présentes. De nombreux élus étaient rassemblés devant le monument aux Morts du village pour entendre le message de la ministre Alice Rufo, lu par la sous-préfète d'Arles, Cécile-Marie Lenglet. Un discours suivi par des dépôts de gerbes des autorités civiles et militaires et des associations présentes à cet hommage ou l'émotion était palpable. 

"Aujourd’hui, nous honorons ces combattants dont l’histoire tient une place si particulière dans la nôtre" déclare la sous-préfète. "Aujourd’hui, nous nous souvenons de ces hommes d’Algérie qui ont servi sous le drapeau français, non par contrainte, mais parce qu’ils aimaient la France, et parce qu’ils avaient confiance en elle. Aujourd’hui, dans chaque département, la Nation leur rend un hommage silencieux et solennel. Pris dans une guerre qui ne disait pas son nom, ils furent engagés dans des combats souvent fratricides, qui déchiraient aussi les familles et les communautés (....)  La France doit cet hommage à ces combattants et à leur famille, laissés sur place alors que les appelés repartent en métropole et que la guerre prend fin. Seuls, ils feront face aux déchaînements de violences et d’exactions, de tortures et de représailles. Une partie d’entre eux parvint à gagner la France, souvent grâce à des officiers restés fidèles à leurs hommes, parfois au mépris des ordres (...)

"Des soldats de la France"

Dans l’exil, poursuit-elle, "beaucoup connurent les camps et les hameaux de forestage, dans des conditions indignes. Ils y firent preuve, une fois encore, d’un courage remarquable. La France doit aussi cet hommage aux femmes, épouses, mères, et sœurs, qui ont partagé la peur, l’exil et le déracinement....La Nation doit cet hommage légitime à ses combattants Harkis. Car ils étaient soldats de France. Car leur mémoire fait partie pleine et intégrante de notre histoire nationale : en tant que telle, et parce qu’elle a été trop longtemps marginalisée, elle doit être valorisée, cultivée, transmise. Elle doit être aussi défendue face aux attaques et aux mensonges, nourris par l’ignorance et la lâcheté. Les Harkis, combattants supplétifs et leurs familles reçoivent l’honneur qui leur est dû et la reconnaissance qui est inscrite depuis plusieurs années dans notre loi républicaine. La parole qui leur a été donnée par le président de la République le 20 septembre 2021 est une parole d’honneur, comme celle que tant de Harkis ont donnée à la France sans jamais lui manquer. Elle doit continuer à être tenue".

Harkis et descendants de Harkis vivant au village, ont été particulièrement touchés par cet hommage de la Nation. Deux fils du Bachaga  Boualam, une figure du combat des Harkis qui a vécu à Mas-Thibert, étaient présents. Kader Gueldout, président de l'ARAPA (Association de rapatriés et de leur amis du Pays d'Arles) se félicite que cette cérémonie, intitiée en 2003 par Jacques Chirac, attire toujours autant de monde, des élus de tous bords, même si aujourd'hui il ne reste plus que cinq Harkis en vie à Mas Thibert. "Moi j'avais 12 ans quand j'ai quitté l'Algérie avec le Bachaga Boualam. J'ai vécu un an au Mas Fondu, avant de venir au village en 1963.  Il faut se souvenir qu'à Mas-Thibert, le camp du Mazet avait été créé pour loger 105 familles. Un accueil indigne de la République pour des gens qui se sont battus pour elle. Aujourd'hui il y a encore 33 familles logées dans le lotissement Logirem créé dans les années 1980 après la destruction du camp du Mazet... Depuis 2021, et le "pardon" de la France aux Harkis fait par Emmanuel Macron, notre combat pour une réparation des préjudices subis par notre communauté a avancé. Une loi a permis l'indemnisation des parents et enfants qui ont vécu dans les camps de 1962 à 1975. Bien sûr ce ne sera jamais suffisant pour ceux qui ont tout laissé en Algérie. Il est dommage d'avoir attendu 64 ans pour arriver à cette loi...."

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