Le prix des terrains constructibles flambe sur Arles ! Il fait même la culbute en cinq ans à en croire la délibération votée par la majorité lors du dernier conseil muncipal, ce jeudi 24 septembre.
Ainsi, un terrain acheté 470 000€ en 2021, quartier de Trinquetaille, par le promoteur Dubis Promotion pour y construire un immeuble sur 1500 m², est estimé aujourd'hui à 1 282 330€, soit 982 300€ pour le terrain, auxquels s'ajoutent 300 000€ de valorisation du permis de construire. Ce permis de construire a été accordé par le maire à Lucien Biscione, le père de Marion Biscione, une proche de Patrick de Carolis. Selon le journal l'Arlésienne, elle était intervenue personnellement en mairie défendre le dossier. En effet, Sophie Aspord, l'adjointe à l'urbanisme d'alors, n'avait pas voulu signer le permis de construire.
Mais le projet immobilier s'est heurté à la mobilisation des habitants du quartier qui ont attaqué le permis de construire devant le tribunal administratif. Ils ont perdu. L'affaire est aujourd'hui examiné par le Conseil d'Etat.
Sans attendre la décision judiciaire, la commune d'Arles a décidé de proposer au promoteur un protocole foncier pour échanger des parcelles. La ville acheterait ainsi son terrain situé à Trinquetaille (5 rue Gaston Tessier et 4 rue Henri-Dunant) pour un montant de 1 282 330€. Elle lui vendrait une parcelle communale située chemin de la Montcaldette (Barriol / Plan-du-Bourg) pour un montant de 678 960€, et la maison Follereau au prix de 292 960€. Les comptes n'y étant pas avec un différentiel d'environ 300 000€, "un troisième terrain devait être proposé ultérieurement à Dubis Promotion et fera l'objet d'une prochaine délibération", précise Sylvie Petetin, l'adjointe à l'urbanisme.
Marie Andrieu : "Dans l'intérêt du promoteur"
La nouvelle surprend Marie Andrieu, la conseillère municipale d'opposition de l'Union pour Arles. Il n'est pas question de ce troisième terrain dans la délibération reçue. Elle remarque également que les chiffres inscrits dans le document ne sont pas les bons aux dires même de Sylvie Petetin, qui demande de retenir ceux qu'elle donne verbalement.
"Nous sommes heureux d'apprendre que ce projet immobilier à Trinquetaille est bel et bien abandonné, et heureux d'apprendre aussi que vous comptez accueillir à cette place plusieurs associations. Toutefois cela pose des questions. Quel est le projet, quelle vocation, quel calendrier, quel budget, quelles associations ? Et puis les riverains des terrains que va vendre la ville à Dubis Promotion ont-ils été informés des nouveaux projets immobiliers en cours ?" questionne l'élue.
Marie Andrieu s'adresse aussi au maire et l'interroge sur les liens avec le promoteur, père de Marion Biscione, "qui soutient la majorité présidentielle et la vôtre et qui est candidate aux sénatoriales sur la liste de Valérie Boyer. Ce projet à Trinquetaille, à deux pas de la Verrerie, monument classé, posait de grosses interrogations. Aujourd'hui la Ville mène une nouvelle opération avec la société Biscione qui va toucher, en plus du rachat du terrain pour 982 300€, 300 000€ de droits à bâtir alors que c'est vous qui avez accordé le permis de construire. Au total, l'opération dépasse 1,2 million d'euros. C'est plus de deux fois et demi le prix initial d'achat du terrain par le promoteur. Pourquoi les Arlésiens doivent payer un différentiel de 730 000€ ? L'intérêt général a-t-il été assez préservé, a-t-il été pris en compte ? Finalement, c'est dans l'intérêt du promoteur Biscione que va cette délibération".
Le maire : "Ne pas jeter la suspicion sur une famille"
Sylvie Petetin donne alors quelques explications. "Le chiffre proposé est celui des Domaines. Le terrain a pris de la valeur car un hangar tout proche a été démoli, et la valeur de 300 000€ donnée au permis de construire s'explique par les études menées, les frais d'architecte, les frais de métrage.... Quand un terrain est assorti du permis de construire, il prend de la valeur."
Le maire a, bien entendu, répondu à l'opposition. "Il ne faut pas jeter la suspicion sur cette famille. Ce n'est pas parce que la fille fait de la politique qu'on doit rayer le promoteur de la ville. Pour le reste, ils ont acheté un terrain, déposé un permis de construire dans le respect des règles. Après, il y a eu une levée de boucliers de la population. J'ai entendu les remarques, les inquiétudes, et même si la justice a donné raison au promoteur, nous avons trouvé une solution avec ces échanges de terrains. On ne perd pas d'argent car il rachète les terrains au prix que nous achetons celui de Trinquetaille. Cette opération a été validée par nos services, j'espère qu'elle aboutira". Au final, la délibération a été votée par la majorité. Les oppositions ont voté contre.