Publié il y a 1 jour - Mise à jour le 25.09.2026 - Julia Razil - 3 min  - vu 56 fois

ÉCONOMIE Privées d'aides carburant, les auto-écoles en colère tiennent congrès à Arles

Benjamin Panis est le président national de l'Unic.

- @F.D.

Aujourd'hui et demain, l'Unic, qui représente l'ensemble des auto-écoles traditionnelles de France, tient son congrès national à Arles. Au cœur des discussions, évidemment : la flambée du coût du carburant et l'exclusion des écoles de conduite des aides gouvernementales destinées aux gros rouleurs. "Soit l'État accorde un coup de pouce sous forme d'aide fiscale sur le carburant, soit nous serons obligés de répercuter la hausse des prix sur le consommateur", prévient Benjamin Panis, président national de l'Unic. Entretien.

Objectif Sud : Les auto-écoles sont exclues des aides gouvernementales destinées aux gros rouleurs. Comment réagit la profession ?

Benjamin Panis : On a l'habitude. Nous sommes toujours exclus quand il y a des plans et des mesures d'aide, donc cela ne nous étonne pas. Mais la réaction de la profession, c'est toujours la même : un certain dégoût. On est systématiquement pointés du doigt. Le permis serait trop cher, nous ne ferions pas bien notre travail, nous devrions presque travailler gratuitement. Et dans le même temps, d'autres professions sont aidées. Or le carburant est l'un de nos principaux postes de dépenses, et nous sommes systématiquement mis de côté quand il y a des difficultés.

Concrètement, que demandez-vous ?

Nous défendons le modèle mis en place en Allemagne. C'est-à-dire une réduction fiscale sur les carburants qui bénéficierait à tous les professionnels, mais aussi aux particuliers. Une baisse de la fiscalité à hauteur de 50 centimes qui n'impacterait pas les finances de l'État, si ce n'est sur la partie recette. Le prix du carburant étant élevé, les recettes augmenteraient de toute façon.

Qu'est-ce que représente la charge carburant dans une auto-école ?

Je vais vous donner mon exemple. Je travaille seul, je fais un plein tous les deux jours, et je suis à plus 30 euros sur chaque plein. Cela représente 90 euros par semaine, soit 360 euros par mois de dépenses carburant supplémentaires. Et à cela s'ajoutent forcément toutes les charges, avec notamment la TVA qui augmente.

Hormis monter vos tarifs, comment absorber un tel coût ?

Clairement, notre position est la suivante : soit l'État accorde un coup de pouce sous forme d'aide fiscale sur le carburant, soit nous serons obligés de répercuter la hausse des prix sur le consommateur. En un an, la part du carburant sur une leçon de conduite, c’est 3 euros de plus. À un moment donné, il faudra répercuter ce coût : ceux qui ne l'ont pas fait lors de la première augmentation y seront obligés avec celles à venir.

Faut-il donc s'attendre à une hausse du prix du permis ?

Oui. Le permis B, dont le coût moyen tourne autour de 1 250 à 1 300 euros, va prendre entre 50 et 100 euros sur un forfait 20 heures, c'est obligatoire. Nous allons subir les augmentations des assurances, des frais et cotisations divers en fin d'année, à quoi s'ajoute celle du carburant. L'heure de conduite va augmenter entre un et trois euros, et le forfait entre cinquante et cent euros.

Si l'État n'entend pas vos revendications, envisagez-vous de vous mobiliser de manière plus visible ?

Se mobiliser, nous l'avons vu depuis bientôt dix ans de la présidence d’Emmanuel Macron, ne sert pas à grand-chose. Se mobiliser, cela signifierait fermer nos structures et manifester à Paris. Sinon, c'est inutile. Ce serait pénaliser nos candidats et nous sommes déjà en tension sur les places d'examen, et cela bloquerait des journées en engageant des frais. Je ne pense pas que ce soit la bonne solution. Nous travaillons en revanche avec la FNA, notre fédération, via l'U2P (Union des entreprises de proximité) et les services de l'État sur ces négociations. Nous étudions également la possibilité d'intervenir au niveau de la Commission européenne, puisqu'une réglementation européenne sur les carburants bloque les possibilités d'allègements fiscaux par l'État français. C'est un travail de l'ombre, mais on y est. Nous sommes d'ailleurs en discussion avec les services de Matignon sur ce coup de pouce fiscal.

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